
Sokode, le 7 février 2026 – Des centaines de personnes se sont réunies ce samedi 7 février à la salle Malaika des affaires sociales de Sokodé pour commémorer la Journée Internationale de Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines. Organisée par la LTDF, le CIAF/Togo et l’ONG Togoverein, cette journée s’inscrit dans le programme conjoint UNFPA-UNICEF et marque un tournant décisif dans la lutte contre l’excision au Togo.

Une urgence face à une réalité préoccupante
Le choix de Sokodé n’est pas anodin : dans la préfecture de Tchaoudjo, la prévalence de l’excision avoisine encore 15% contre 2% dans la région maritime. Le thème « À l’horizon 2030 : pour mettre fin aux mutilations génitales féminines, un engagement et des investissements soutenus sont indispensables » résonne comme un appel vibrant à l’action collective.

Des interventions marquantes
La cérémonie d’ouverture, agrémentée par un groupe folklorique, a été marquée par plusieurs interventions de qualité. Madame NAPOÉ ASSIBI, Présidente du CIAF/Togo, a rappelé l’importance d’un engagement collectif et durable pour éradiquer cette pratique. « D’ici 2030, nous pouvons et nous devons faire du Togo un pays où aucune fille ne vivra dans la peur de l’excision », a-t-elle déclaré avec conviction.
Madame CISSÉ RABI, Présidente du CIAF Tchaoudjo, a souligné les défis spécifiques de la région tout en saluant la mobilisation des communautés locales. Le Secrétaire Général de la Préfecture a, quant à lui, réaffirmé l’engagement des autorités administratives à faire respecter la loi et à soutenir toutes les initiatives visant à protéger les femmes et les filles.

Une journée riche en échanges
Autorités politiques, leaders traditionnels et religieux, femmes leaders, enseignants, exciseuses et forces de sécurité ont participé activement aux débats. Les témoignages bouleversants de survivantes et l’engagement d’anciennes exciseuses à devenir ambassadrices du changement ont profondément marqué l’assemblée.

Messages clés
Les discussions ont dégagé des engagements forts : l’excision ne trouve aucune justification culturelle ou religieuse, un financement durable est indispensable, l’éducation reste une arme de transformation, et une approche communautaire inclusive impliquant tous les acteurs est nécessaire.

Perspectives d’avenir
Les actions concrètes incluent la création de comités de veille communautaires, la reconversion économique des anciennes exciseuses, l’intensification des campagnes dans les préfectures frontières, et le plaidoyer pour un budget national dédié à la lutte contre les MGF.
Un combat qui continue
La Journée du 7 février 2026 à Sokodé restera gravée dans les mémoires comme un moment de conscientisation collective. De la salle du CNATI jusqu’aux villages les plus reculés de la préfecture, un message résonne clairement : la protection de l’intégrité physique et de la dignité des femmes et des filles n’est pas négociable. L’engagement durable de tous les acteurs est la clé pour atteindre l’objectif 2030.
Source : Radio Méridien FM 105.9
