Dans la communauté Tem du Togo, la tradition veut que chaque 9ᵉ jour du mois de Mouharram, l’on célèbre une fête qui consolide et réjouit les liens de droit unissant les oncles maternels à leurs neveux.
Chaque année, la communauté Tem du centre du Togo organise une retraite aux flambeaux le neuvième jour de Mouharram, premier mois du calendrier lunaire musulman. Cette année, la cérémonie s’est tenue le mercredi 24 juin 2026 à Sokodé, dans le quartier Didaourè, en plein centre-ville, dans le respect de la tradition, sous les yeux des conseillers Nasser Issa Toure ,et Achraf Tchakala de la Tchaoudjo 1.

Chez les musulmans, le mois de Mouharram est l’un des quatre mois sacrés de l’islam. Il marque le début du calendrier hégirien, instauré à partir de l’Hégire — l’émigration du prophète Mohammed (paix et salut sur lui) de La Mecque vers Médine en 622. Ce mois est consacré à la piété, au recueillement et à la solidarité. En Afrique de l’Ouest, plusieurs communautés musulmanes y associent aussi des pratiques culturelles transmises de génération en génération.

En pays Tem, cette retraite aux flambeaux, appelée « Nimini lɔɔ », marque l’ouverture des célébrations du Faaba. Cette tradition ancestrale veut que les parents maternels offrent un présent symbolique à leurs neveux et nièces, en signe d’affection, de reconnaissance et de renforcement des liens familiaux.

*Origine et histoire du Faaba*
Le Faaba est l’aboutissement d’un ensemble de coutumes qui retracent l’histoire des trois principales strates de peuplement du pays Tem : les Tem nba, les Mɔɔla et les Malʊwa.
Les Tem nba, arrivés entre le XIIᵉ et le XIIIᵉ siècle, pratiquaient le matriarcat et un système de filiation matrilinéaire. Environ quatre siècles plus tard, les Mɔɔla se sont installés dans la région avec un mode de filiation patrilinéaire et ont exercé une influence culturelle majeure sur les populations déjà établies.
Au milieu du XVIIIᵉ siècle, les Malʊwa ont introduit la pratique de la retraite aux flambeaux et ont contribué à unifier plusieurs rites et obligations symboliques sous une même appellation : le Faaba.
Aujourd’hui, le Faaba dépasse la simple célébration traditionnelle. Il constitue un héritage historique et culturel majeur du peuple Tem. Célébrée dans tout l’espace Tem du Togo ainsi que dans certaines communautés au Bénin et au Ghana, cette fête demeure un puissant symbole d’identité, de cohésion sociale et de transmission des valeurs ancestrales.
À noter que cette année, les organisateurs ont innové en intégrant la danse Takai au programme pour clôturer l’événement en beauté.
LA RÉDACTION.
